La Soumission est toute votre dhimmitude
par Diana West
Nous devons apprendre un nouveau mot : dhimmitude.
J'ai écrit périodiquement sur la dhimmitude, voilà plusieurs années depuis le 11 septembre, mais il faut du temps pour y sombrer. La dhimmitude est le néologisme d'une brillante historienne, Bat Ye'or, dont les études innovantes des dhimmis, populations de Juifs et de Chrétiens vaincus par le jihad islamique, l'ont conduite à conclure qu'une culture commune a existé à travers les siècles parmi les différentes populations de dhimmis. Depuis l'Egypte et la Palestine jusqu'à l'irak et la Syrie, du Maroc et de l'Algérie à l'Espagne, à la Sicile et à la Grèce, de l'Arménie et des Balkans au Caucase : Partout où la conquête islamique s'est étendue, :entraînant la capitulation des dhimmis, désignés par les Musulmans comme le "Peuple du Livre" (la Bible) ;ils étaient tolérés , autorisés à pratiquer leur religion, mais à un prix dséhumanisant.
Il existait de véritables taxes à payer (jizya), qui donnaient aux dhimmis le droit de demeurer non musulman, non pas le prix de la liberté religieuse, mais de l'identité religieuse. La liberté était perdue, fortement circonscrite par un corpus de loi islamique (sharia) conçue pour soumettre, dénigrer et humilier les dhimmis. La culture résultante d'auto-renoncement, d'autocensure et de peur, partagée par des dhimmis éparpillés, est le fondement de la dhimmitude. Le fait extrêmement affligeant, mais hautement significatif, est que la dhimmitude n'existe pas seulement dans les pays où règne la loi islamique.
C'est la leçon de la fureur sur les caricatures en 2006, une arme nucléaire culturelle mise en place par une réaction islamique en chaîne contre ces 12 caricatures de Mohammed parues dans un journal danois. Nous avons observé le réacteur musulman en fusion avec une attention scandalisée, mais il ny a pas de prise de conscience que ces retombées toxiques sont de la peur.Peur au département d'Etat [Affaires Etrangères aux USA, ndt], qui comme l'islam, ont qualifié les caricatures d'inacceptables. Peur à Whitehall (où siègent les bureaux du gouvernement britannique), qui ont fait de même. Peur au Vatican, qui a fait de même. Et peur dans les médias, qui ont refusé, avec très, très peu d'exceptions, de republier ou de montrer ces images. Avec seulement une petite liste de journaux courageux, surtout en Europe, méritant le salut, nous avons vu la fière tradition de liberté d'expression d'une presse libre dans le monde occidental, courber la tête en se soumettant à une loi islamique contre les représentations de Mohammed. Voilà ce qu'est la dhimmitude.
Non que nous l'admettions. Nous dissimulons notre capitulaton en discours sophistiqués sur la "tolérance", "la "reponsabilité", et la "sensibilité". Nous nous félicitons même d'avoir un "jugement éditorial" pour rendre possible le "pluralisme". "des lecteurs ont été bien informés... sans la publication des caricatures" a déclaré le porte-parole du Wall Street Journal". "CNN a choisi de ne pas montrer les caricatures par respect pour l'islam", a-t-on rapporté sur le réseau câblé. Au nom de la BBC qui na pas diffusé les caricatures, un rédacteur a ensuite présenté des excuses, ajoutant : "Nous avons pris la décision de ne pas aller plus loin... pour ne pas offenser gratuitement le nombre significatif de téléspectateurs musulmans à travers le monde. Sans dire que la compréhension (jugement éditorial ?) de "l'offense gratuite" conduit à la violence gratuite. De là, la peur non pas inspirée par la tolérance, mais par la capitulation : c'est une condition de la dhimmitude.
Où cela nous mène-t-il ? Cela vaut la peine de noter par exemple, que sur le site Interent de la BBC, une page sur la religion concernant l'Islam présente les anges et les révélations de la foi islamique comme un fait historique, plutôt que comme une conjecture spirituelle (comme c'est le cas de la page Internet sur le Christianisme ; de plus, elle fait suivre chaque mention de Mohammed de "Hamdullah"("la paix soit sur lui") - "comme si", écrit Will Wyatt, ancien diecteur général de la BBC, dans une lettre au Times de Londres, "la corporation elle-même était musulmane".
L'est-elle ? Le sommes-nous ? Ces questions peuvent ne pas sembler si bizarres si nous mesurons à quel point, la sharia gagnant du terrain, a modifié l'approche occidentale.
Qualifier ces caricatures "d'inacceptables", et nous autocensurer "par respect" pour l'islam conduit l'Occident vers la conformité à la sharia. Comme Fleming Rose du Jylland Posten l'a noté, ce n'est pas du respect, c'est de la soumission. Et si ce n'est pas la dhimmitude, de quoi s'agit-il ?
La publication des caricatures de Mohammed sollicitée par le journal danois Jylland Posten était un acte opposé à la dhimmitude. Du fait qu'aucun artiste danois n'avait osé illustrer un livre politiquement correct destiné aux enfants au sujet de Mohammed, par peur de la loi islamique (et de la violence islamique), le journal a hardiment décidé de réaffirmer la règle (non islamique) de la loi danoise. C'est aussi simple quue cela. Et aussi vital. Les caricatures ont été exécutées pour établir - ou ré-établir - le Danemark en tant que bastion de la liberté selon le mode occidental. Mais en essayant d'établir un champ de force contre la sharia qui gagne du terrain, le Jylland Posten et les Danois nous ont montré que aucun bastion de la liberté occidentale ne peut résister seul.
Alors, comment dites-vous solidarité en danois ? Si nous ne le déterminons pas dès maintenant, notre avenir est fait de plus de dhimmitude.
Source: Jewish World Review, 13 février 2006
jewishworldreview.com/0206/west021306.php3
Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l'IHC
Edited by IHC Staff, www.infoisrael.net.